Les murs disparus…

Quelque chose préoccupe soudainement les Paimpolais : leur patrimoine est sabordé. Ils savent que leur réputation Islandaise et leur situation sont des atouts uniques. Petits fils et arrières petits fils de pécheurs d’Islande, ils ont un passé historique et glorieux de pionniers, de conquérants et de héros de la grande pêche. Canadiens, islandais et Japonais ne viennent pas ici pour le soleil, mais pour toucher concrètement notre culture et son environnement. Aussi, un lieu chargé d’histoire doit veiller à sa cohérence. Or, en y regardant de plus près, on ne voit aucune Z.P.P.A.U.P. (Zone de Protection du Patrimoine & Aménagement Urbain Paysager) ou à caractère de protection particulière. Rien. Même pas au pied de la vieille tour, où « on » vient de couler un vestige de la grande pêche (Un de plus, donc un de moins). Même chose sur la vitrine des quais, où « on » a défiguré la petite maison des douanes, et où s’insurgent des parpaings standardisés. Maintenant, le maire s’apprête en douce à signer l’arrêt de mort de la maison de St Jo, maison de l’armateur Bonne, inventeur de la Goélette paimpolaise ! Funeste et douloureux hasard : le bourreau est Le Marchand : le même promoteur qui a « descendu » le château de l’armateur Pouahër. L’institution catholique dans laquelle j’ai moi-même été élève avec quelques petits fils d’« Islandais », a vendu son âme au diable, quelle ironie ! Et juste dans le prolongement de ce fleuron du temps des armateurs, Ô ! Quel hasard, le maire voudrait liquider la maternelle Alfred de Courcy… Sans doute pour caser les grand parents des enfants répudiés de Paimpol … Poursuivons (au hasard) : Le presbytère de Sainte Barbe a été condamné au profit d’une de ces insanités modernes, alors que, grâce à Dieu, celui de Plounez a été sauvé par un particulier. Et érigé tout là haut, profanant l’église de Ploubaz, insultant toute la contrée, outrageant notre histoire, un Totem hideux en enseigne de ce nouvel ordre en béton. Ne pouvions-nous être mieux avertis ? Doit-on s’étonner du nouveau PLU ? Notre patrimoine est laissé à notre libre arbitre, c’est à dire à la merci des requins. Regardez-les ! Pignons sur rues (je devrais dire : Poignon), découpant une victime sans défense. Alors, je formule deux hypothèses dans ce genre de contexte : soit les (des) élus sont ignares, soit ils ont intérêt à ne pas mettre de garde-fou pour laisser le champ libre aux promoteurs. A dire vrai, je penche pour les deux explications. En effet, même quand les gens protestent contre un saccage annoncé, le maire semble se comporter en judas irresponsable, mais responsable quand même. Est-ce comme ça que l’on soigne sa ville, même quand on ne peut pas se représenter ? Le bonheur tient beaucoup aux rapports que l’on a avec son environnement. Le malheur c’est qu’ici, on ne l’a pas compris…                                                                                                                                            « AMIs » – 5, rue du 18 juin.

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